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Article de presse dans the box
Freeride dans la chaîne de
l’Himalaya
Texte de Gilles Jaquet
Sponsors :
Convert / Columbia, VAC, Snowlife, Oxess Snowboard, Audi et
Deeluxe
Photos : Fellay Caroline,
Fertek Michelle, Vincent Meia, Alain Perret,
Le Ladakh où pays de
méditation.
Une région de rêve au nord de
l’inde, coincée entre les plus grands sommets du Pakistan et
du Tibet, cette magnifique vallée, culminant à plus de 3000m,
est encore une de ces rares parties de la terre peu influencer
par le reste du monde, car ces montagnes, barrières
naturelles, l’ont protégée des attaques du monde moderne.
Terre d’asile des tibétains fuyant le communisme chinois, ici
les monuments bouddhistes sont partout ainsi que les moines
dans leurs toges pourpres agitant leurs moulins à prière. Les
gens avec leur visage sculpté par le soleil et le froid vous
offre de large sourire, toutes ces rides ici sont si belles et
donnent des allures de bicentenaires aux plus âgés ! C’est en
effet dans un climat très dur que ces ladakhis et tibétains
ont appris à vivre en autarcie grâce aux quelques mois
cultivables par année, la pauvreté est très présente, mais on
ne s’en plaint pas.
L’Himalaya, la plus imposante,
la plus haut, la plus vaste étendue de freeride de la terre,
des kilomètres de pentes à faire rêver n’importe quel
freerideur, il est vrai que ces étendues de neige encore
vierges sont souvent peu accessibles, c’est pourquoi nous
avons décidé d’y aller pour vous. Nous, sept copains et
copines, skieur, télémarkeur, snowboardeurs, de régions
différentes, ayant comme point commun l’envie de tracer des
courbes là où il n y en a pas encore eu!. Le Stok Kangri avec
ses 6150 mètres est le deuxième plus haut sommet du Ladakh,
d’après les photos d’été trouvé sur un site, sa face nord et
son cirque de pente se prêteraient le plus à nos envies
voltiges…
L’ascension au camp de
base 5200m
Après quelques jours dans la ville de Leh, nous partons pour
le camp de base, 3 jours d’ascension et d’acclimatation, 3
jours pour s’éloigner de la civilisation, les paysages se font
de plus en plus beau, la diversité des roches et leurs
couleurs créent de véritable tableau sur la montagne.
Accompagné de 15 chevaux pour porter une partie notre matériel
et nourriture nécessaire à nos 8 jours de freeride, nous
atteignons le camp de base à 5200m. Non sans une émotion en
découvrant ces magnifiques pentes de neige encore plus belles
que ce dont nous avons osé rêver.
C’est avec peine que nous installons nos tentes, le souffle se
fait court et la tête bourdonne, nous regardons partir les
chevaux, notre seul attachement avec la civilisation, et
réalisons combien nous sommes loin de tout, depuis maintenant
il faut s’assumer à100%.
Mais le couché de soleil sur la chaîne du Karakoram nous fait
vite tout oublier ses petits soucis.
Du ride
Le soir tu t’endors avec une
belle image d’une pente ou d’un couloir que tu as envie de
tracer et pendant toute la nuit tu te vois dessinant des
lignes sur ton tableau, tu le refais des milliers de fois. Le
matin tu te lèves, pars avec les autres, montes pendant
quelques heures, souffres, ton corps te force à t’arrêter,
mais chaque fois tu repars, car ton esprit est ailleurs il
contemple ces chaînes de montagne à perte de vue et rêve déjà
à prochaine ligne! Une fois en haut c’est le moment d’amitié,
le partage, d’un bout de viande séché, de fruits secs,
boisson,mais aussi des rêves. Et c’est le départ, les un après
les autres, dans une neige poudreuse et des pentes de 45° à
55°, le sluff qui te suit, la faute n’est pas possible, il
faut assurer tous ces virages, ce retourné fréquemment. Ce
sont de longues pentes où l’envie de ne pas s’arrêter est à
son comble, mais, à ces altitudes, on ne peut se le permettre,
car l’oxygène est trop faible entre 5000m et 5800m. Après
avoir savouré son rêve, seul, on se retrouve à la tente messe
où l’on partage ces impressions devant un thé, la fatigue
prête à la déconnade et l’ambiance est inoubliable.
Au crépuscule, on peut encore contempler nos traces qui on
l’air d’être gravé à tout jamais, en tout cas elles le sont
dans nos esprits.
Le Stok Kangri 6150m
Le réveil sonne à 2h15, tout
est recouvert de givre dans la tente, dehors il fait –25 et le
vent souffle, il faut s’habiller dans le sac de couchage parmi
les autres affaires qui ont dormi avec nous : habits,
bouteille de thé (à ne pas confondre avec celle de pisse !),
chaussons, …Départ dans le noir avec nos 15 kilos de matériels
sur le dos. À mi-chemin, les premiers rayons du soleil
apparaissent tant attendus pour les pieds de certains, une
petite pause, quelques photos, les dialogues se font court, le
sommet semble si proche mais et il faut encore faire la trace!
Ces paysages incitent à la
contemplation, on se sent attirer, hypnotiser par ce
gigantisme, ces montagnes à pertes de vues. C’est ce qui
motive chaque pas, l’envie d’en voir plus. Toute notre
ascension est rythmée par notre volonté c’est l’esprit qui
nous guide. Chacun pour soi, chacun à son rythme. C’est un
ressourcement pour l’esprit un retour au calme, l’occasion
pendant l’effort aux discussions intérieures sur le sens de la
vie.
L’arrivé au sommet, un moment
magique, une délivrance par son paysage, à peine descriptible,
une vue sur 360° et des montagnes à perte de vue, des millions
de pentes vierges et au loin, dominant sur ce royaume des
neiges, plusieurs montagnes à plus 8000m.
L’émotion est forte, je dépose
mes drapeaux de prière en pensant très fort au personne que
j’aime ou que j’ai aimé comme mon père décédé en Montagne ou «
Le Gilles » avec qui j’allais souvent rider à Verbier.
J’admire encore une fois ce
panorama et me jette, après Vince et Alain, dans la face Nord,
notre rêve, c’est un peu le Bec des Rosses du Ladakh, chacun
prend sa ligne, nous sommes guidé par Caro qui suit notre
descente et nous conseil par « talkiwalki « c’est un
enchaînement de couloires entre les rochers sur 1000m de
dénivelé, la pente est très soutenue partout, mais la neige
est bonne. Chaque virage est épuisant et les battements de
coeur, dans la tête, se font de plus en plus ressentir au fur
et à mesure de notre progression. Mais le plaisir est
tellement intense…qu’on en a le souffle court. Pour moi c’est
le plus beau moment de ce voyage la réalisation d’un rêve,
l’achèvement d’un but, mélangé à une bonne poussée
d’adrénaline.
Les chevaux sont arrivé avec
les caravaniers qui ne comprennent pas trop comment on a fait
des traces là au milieu de la montagne, on se retrouve devant
la tente messe tout le monde à le sourire aux lèvres, on a
tout tracé ! on peut rentrer de plus qu’il nous reste encore
2000 mètres de dénivelé !
Les sept mousquetaires :
Caroline Fellay, Michelle Fertek, Cédric Chèvre, Didier
Chèvre, Vince Meia, Alain Perret, et moi-même.
Pour plus de photos aller sur
mon site www.gillesjaquet.ch |