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mise à jour 19 févr. 2008

 

 
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  Article de presse dans the box

Freeride dans la chaîne de l’Himalaya

Texte de Gilles Jaquet

Sponsors :
Convert / Columbia, VAC, Snowlife, Oxess Snowboard, Audi et Deeluxe

Photos : Fellay Caroline, Fertek Michelle, Vincent Meia, Alain Perret,

Le Ladakh où pays de méditation.

Une région de rêve au nord de l’inde, coincée entre les plus grands sommets du Pakistan et du Tibet, cette magnifique vallée, culminant à plus de 3000m, est encore une de ces rares parties de la terre peu influencer par le reste du monde, car ces montagnes, barrières naturelles, l’ont protégée des attaques du monde moderne. Terre d’asile des tibétains fuyant le communisme chinois, ici les monuments bouddhistes sont partout ainsi que les moines dans leurs toges pourpres agitant leurs moulins à prière. Les gens avec leur visage sculpté par le soleil et le froid vous offre de large sourire, toutes ces rides ici sont si belles et donnent des allures de bicentenaires aux plus âgés ! C’est en effet dans un climat très dur que ces ladakhis et tibétains ont appris à vivre en autarcie grâce aux quelques mois cultivables par année, la pauvreté est très présente, mais on ne s’en plaint pas.

L’Himalaya, la plus imposante, la plus haut, la plus vaste étendue de freeride de la terre, des kilomètres de pentes à faire rêver n’importe quel freerideur, il est vrai que ces étendues de neige encore vierges sont souvent peu accessibles, c’est pourquoi nous avons décidé d’y aller pour vous. Nous, sept copains et copines, skieur, télémarkeur, snowboardeurs, de régions différentes, ayant comme point commun l’envie de tracer des courbes là où il n y en a pas encore eu!. Le Stok Kangri avec ses 6150 mètres est le deuxième plus haut sommet du Ladakh, d’après les photos d’été trouvé sur un site, sa face nord et son cirque de pente se prêteraient le plus à nos envies voltiges…

L’ascension au camp de base 5200m
Après quelques jours dans la ville de Leh, nous partons pour le camp de base, 3 jours d’ascension et d’acclimatation, 3 jours pour s’éloigner de la civilisation, les paysages se font de plus en plus beau, la diversité des roches et leurs couleurs créent de véritable tableau sur la montagne. Accompagné de 15 chevaux pour porter une partie notre matériel et nourriture nécessaire à nos 8 jours de freeride, nous atteignons le camp de base à 5200m. Non sans une émotion en découvrant ces magnifiques pentes de neige encore plus belles que ce dont nous avons osé rêver.
C’est avec peine que nous installons nos tentes, le souffle se fait court et la tête bourdonne, nous regardons partir les chevaux, notre seul attachement avec la civilisation, et réalisons combien nous sommes loin de tout, depuis maintenant il faut s’assumer à100%.
Mais le couché de soleil sur la chaîne du Karakoram nous fait vite tout oublier ses petits soucis.

Du ride

Le soir tu t’endors avec une belle image d’une pente ou d’un couloir que tu as envie de tracer et pendant toute la nuit tu te vois dessinant des lignes sur ton tableau, tu le refais des milliers de fois. Le matin tu te lèves, pars avec les autres, montes pendant quelques heures, souffres, ton corps te force à t’arrêter, mais chaque fois tu repars, car ton esprit est ailleurs il contemple ces chaînes de montagne à perte de vue et rêve déjà à prochaine ligne! Une fois en haut c’est le moment d’amitié, le partage, d’un bout de viande séché, de fruits secs, boisson,mais aussi des rêves. Et c’est le départ, les un après les autres, dans une neige poudreuse et des pentes de 45° à 55°, le sluff qui te suit, la faute n’est pas possible, il faut assurer tous ces virages, ce retourné fréquemment. Ce sont de longues pentes où l’envie de ne pas s’arrêter est à son comble, mais, à ces altitudes, on ne peut se le permettre, car l’oxygène est trop faible entre 5000m et 5800m. Après avoir savouré son rêve, seul, on se retrouve à la tente messe où l’on partage ces impressions devant un thé, la fatigue prête à la déconnade et l’ambiance est inoubliable.
Au crépuscule, on peut encore contempler nos traces qui on l’air d’être gravé à tout jamais, en tout cas elles le sont dans nos esprits.

Le Stok Kangri 6150m

Le réveil sonne à 2h15, tout est recouvert de givre dans la tente, dehors il fait –25 et le vent souffle, il faut s’habiller dans le sac de couchage parmi les autres affaires qui ont dormi avec nous : habits, bouteille de thé (à ne pas confondre avec celle de pisse !), chaussons, …Départ dans le noir avec nos 15 kilos de matériels sur le dos. À mi-chemin, les premiers rayons du soleil apparaissent tant attendus pour les pieds de certains, une petite pause, quelques photos, les dialogues se font court, le sommet semble si proche mais et il faut encore faire la trace!

Ces paysages incitent à la contemplation, on se sent attirer, hypnotiser par ce gigantisme, ces montagnes à pertes de vues. C’est ce qui motive chaque pas, l’envie d’en voir plus. Toute notre ascension est rythmée par notre volonté c’est l’esprit qui nous guide. Chacun pour soi, chacun à son rythme. C’est un ressourcement pour l’esprit un retour au calme, l’occasion pendant l’effort aux discussions intérieures sur le sens de la vie.

L’arrivé au sommet, un moment magique, une délivrance par son paysage, à peine descriptible, une vue sur 360° et des montagnes à perte de vue, des millions de pentes vierges et au loin, dominant sur ce royaume des neiges, plusieurs montagnes à plus 8000m.

L’émotion est forte, je dépose mes drapeaux de prière en pensant très fort au personne que j’aime ou que j’ai aimé comme mon père décédé en Montagne ou « Le Gilles » avec qui j’allais souvent rider à Verbier.

J’admire encore une fois ce panorama et me jette, après Vince et Alain, dans la face Nord, notre rêve, c’est un peu le Bec des Rosses du Ladakh, chacun prend sa ligne, nous sommes guidé par Caro qui suit notre descente et nous conseil par « talkiwalki « c’est un enchaînement de couloires entre les rochers sur 1000m de dénivelé, la pente est très soutenue partout, mais la neige est bonne. Chaque virage est épuisant et les battements de coeur, dans la tête, se font de plus en plus ressentir au fur et à mesure de notre progression. Mais le plaisir est tellement intense…qu’on en a le souffle court. Pour moi c’est le plus beau moment de ce voyage la réalisation d’un rêve, l’achèvement d’un but, mélangé à une bonne poussée d’adrénaline.

Les chevaux sont arrivé avec les caravaniers qui ne comprennent pas trop comment on a fait des traces là au milieu de la montagne, on se retrouve devant la tente messe tout le monde à le sourire aux lèvres, on a tout tracé ! on peut rentrer de plus qu’il nous reste encore 2000 mètres de dénivelé !

Les sept mousquetaires : Caroline Fellay, Michelle Fertek, Cédric Chèvre, Didier Chèvre, Vince Meia, Alain Perret, et moi-même.

Pour plus de photos aller sur mon site www.gillesjaquet.ch

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