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Le champion s’est senti
soutenu
La Chaux-de-Fonds - La journée de parrainage en faveur
du snowboardeur Gilles Jaquet a attiré des centaines de
fans, samedi Polyexpo. De nombreuses célébrités sportives
étaient là
«Cela me touche de voir tous
ces grands noms». A l’heure des autographes, samedi
après-midi à Polyexpo, Gilles Jaquet montrait le visage
heureux d’un sportif qui se sent soutenu et aimé.
Parmi les copains venus, parfois de loin, pour manifester
leur amitié, il y avait en effet de grandes pointures: le
navigateur Stève Ravussin, le skieur Didier Cuche, la
championne de snowboardcross Olivia Nobs, la championne de
ski extrême Géraldine Fasnacht, le sauteur à skis Sylvain
Freiholz, les alpinistes Claude Bitz et Serge Bonvin, le
champion paralympique Jacques Blanc.
Le public a de son côté répondu présent. Il y a eu du monde
en permanence, même si jamais la foule ne fut compacte –
effet d’optique dû à l’immensité de la surface à
disposition.
Reconnaissant
Même s’il était trop tôt hier
pour connaître le bilan chiffré de l’opération, celle-ci a
permis de tester la popularité d’un champion du cru qui ne
se prend pas la tête.
«Je sais déjà que je devrai travailler cet été pour gagner
ma vie», dit-il. Il prévoit de faire des remplacements comme
maître de sport. Pour pouvoir se consacrer à son
entraînement et financer son matériel, le champion a besoin
d’environ 100.000 francs par an. Une pareille somme ne se
trouve pas sous le sabot d’un cheval. Et comme il doit faire
face à une baisse de ses revenus de sponsoring, l’initiative
de ses amis chaux-de-fonniers tombait à point nommé.
Elle le touche d’autant plus qu’un tel type de soutien est
plutôt rare, sinon unique. Car, si on organise souvent des
manifestations en faveur de clubs, on n’en voit pas souvent
pour un individu. Gilles Jaquet se dit sensible à cet
hommage qui lui est rendu, au-delà du rendement de
l’opération: «Il y aurait beaucoup de monde à remercier. Les
entreprises de la région ont joué le jeu. Et tous ces gens
qui viennent ici, qui donnent chacun leur coup de pouce, à
leur niveau, c’est super».
Satisfaction
Tirant le bilan provisoire de
l’opération, organisée par l’association Sports Evasion,
Annelise Thiébaud, qui a eu l’idée et la force de la
réaliser, s’est déclarée satisfaite: «Pour une première,
c’était grand», confie-t-elle.
Outre les sommes encaissées pour la tombola, pour les jeux
proposés par les exposants, pour les ventes au bar et les
cartons de vin (confidentiel), plus de 130 personnes ont
participé au souper de gala. Chacun a déboursé 100 francs,
hors les boissons, pour ce repas concocté par le patron de
La Croisette, tenancier du lieu.
Le public a apprécié toutes les animations qui lui étaient
proposées. Le stand d’Acroland n’a pas désempli. Cette
nouvelle société – une fondation en voie de constitution –
proposait un parcours acrobatique construit avec le même
matériel que celui qui est en passe d’être installé dans la
forêt sur les flancs de la Recorne.
Nombreuses animations
On trouvait aussi un parcours
VTT (stand de Megabike), un concours de tir à l’arc (stand
du club, Tir à l’arc La Chaux-de-Fonds), un autre sur un
simulateur de parapente (stand d’Equilibre, école de
parapente de La Jonchère).
Le Ski club de La Chaux-de-Fonds présentait une vidéo où les
jeunes membres faisaient une démonstration de leurs talents
acrobatiques. Un autre stand (Dirtsurfer) présentait de
drôles de bécanes qui permettent de surfer sur l’herbe.
Idéal pour s’entraîner l’été.
La disco du soir a rencontré un succès plutôt mitigé, ce qui
n’a pas empêché la soirée de se prolonger... jusqu’à 4
heures du matin.
Vente aux enchères
Le soir, une vente aux
enchères a rapporté dans la bonne humeur quelques centaines
de francs supplémentaires. Un linge de bain des JO est parti
pour 230 francs, la tenue portée par le champion à Salt Lake
City a trouvé preneur pour 600 francs. Idée originale, une
«journée avec Gilles Jaquet» s’est «vendue» 500 francs.
«Notre but, c’est de soutenir Gilles jusqu’aux Jeux
olympiques de 2006», confiait encore Annelise Thiébaud. Le
champion confirme qu’il a bien l’intention d’être au
rendez-vous, «si tout va bien avec la santé et les
sponsors».
L’organisatrice souligne encore que sans la mobilisation du
fans club et de nombreux bénévoles – en tout une quarantaine
de personnes – jamais pareil bastringue n’aurait pu être
organisé.
Et si c’était à refaire? Annelise Thiébaud n’a rien dans ses
cartons, mais elle ne cache pas que cette journée de
parrainage était aussi un ballon d’essai pour de futures
initiatives du même genre. Il faudra d’abord analyser les
résultats pour savoir si ça en vaut la peine. Et profiter de
ce qu’on a appris pour modifier la formule. Musique
d’avenir.
Léo Bysaeth |